Votre voiture garée sur le trottoir a été percutée par un autre véhicule. Première inquiétude : votre stationnement irrégulier va-t-il vous priver d’indemnisation ? Pas nécessairement. Même si le code de la route interdit ce type de stationnement, le conducteur qui heurte un véhicule à l’arrêt conserve généralement une part de responsabilité. Vos droits dépendent des circonstances exactes du choc, des garanties souscrites dans votre contrat d’assurance auto et de la manière dont vous allez documenter l’événement. Ce guide vous éclaire sur vos démarches immédiates, les règles de responsabilité applicables et les options pour défendre votre dossier auprès de votre assureur.
Responsabilités en cas d’accident avec voiture garée sur trottoir

Lorsqu’un véhicule stationné sur un trottoir est endommagé, la question de la responsabilité se pose immédiatement. Le propriétaire de la voiture garée peut légitimement se demander s’il sera indemnisé malgré son stationnement interdit. La réponse n’est jamais binaire : elle résulte d’une appréciation croisée entre la faute de stationnement, les circonstances du choc et les règles d’engagement de la responsabilité civile automobile.
Qui est responsable quand une voiture garée sur trottoir est percutée
Le conducteur en mouvement qui percute une voiture à l’arrêt engage sa responsabilité s’il n’a pas respecté les règles de prudence élémentaires. Même si votre véhicule était stationné de manière irrégulière, l’automobiliste devait adapter sa vitesse, maintenir une distance de sécurité et contrôler sa trajectoire. Dans la majorité des cas, les assureurs retiennent une responsabilité principale du conducteur percutant, tout en tenant compte de la gêne occasionnée par le stationnement sur trottoir. Cette nuance explique pourquoi un partage de responsabilité est fréquemment proposé plutôt qu’une exonération totale du propriétaire de la voiture garée.
Stationnement sur trottoir, code de la route et impact sur l’assurance
L’article R417-10 du code de la route prohibe clairement le stationnement sur les trottoirs, sauf dispositions locales contraires signalées par marquage au sol ou panneaux spécifiques. Cette infraction expose le contrevenant à une amende de 135 euros. Sur le plan assurantiel, le stationnement irrégulier constitue une circonstance aggravante que l’assureur peut invoquer pour réduire ou refuser l’indemnisation en garantie dommages tous accidents. Toutefois, cette sanction n’est pas systématique : tout dépend des clauses de votre contrat, de la gravité de l’infraction et de son lien de causalité avec le dommage.
| Type de stationnement | Sanction code de la route | Impact assurance |
|---|---|---|
| Trottoir sans autorisation | Amende de 135 € | Réduction possible d’indemnisation |
| Trottoir avec marquage autorisé | Aucune | Indemnisation normale |
| Stationnement gênant circulation | Amende + mise en fourrière | Risque de refus d’indemnisation |
Accident voiture garée trottoir et partage de responsabilité possible
Les experts en assurance optent souvent pour un partage des torts, reflétant la double faute : celle du propriétaire qui a stationné irrégulièrement et celle du conducteur qui a percuté le véhicule. En pratique, vous pouvez vous voir attribuer entre 20 et 50 % de responsabilité selon les cas, ce qui réduit d’autant votre indemnisation. Par exemple, si vos réparations s’élèvent à 3 000 euros et qu’un partage 30/70 vous est défavorable, l’assureur ne prendra en charge que 2 100 euros avant application de la franchise. Cette mécanique impose une vigilance particulière lors du remplissage du constat amiable.
Démarches immédiates après un choc sur voiture mal stationnée

Les minutes qui suivent l’accident conditionnent la solidité de votre dossier. Une fois la sécurité des personnes assurée, il faut basculer en mode documentation pour préparer votre défense auprès de l’assurance. Cette phase n’est pas naturelle sous le choc de l’événement, mais elle fait toute la différence dans les semaines suivantes.
Quels réflexes adopter sur place pour préserver vos droits d’assuré
Commencez par baliser la zone avec votre triangle de signalisation et activez vos feux de détresse pour éviter un suraccident. Ensuite, sortez votre smartphone et photographiez l’ensemble de la scène sous plusieurs angles : la position exacte des deux véhicules, le trottoir et son marquage, les éventuels panneaux d’interdiction ou d’autorisation, les traces de freinage ou de choc, et les dégâts sur chaque voiture. Recherchez d’éventuels témoins et notez leurs coordonnées. Ces éléments matériels seront opposables aux déclarations contradictoires de l’autre conducteur et pèseront lourd si votre assureur conteste le partage de responsabilité.
Comment remplir un constat amiable en cas de voiture sur trottoir
Sur le constat européen, la case dédiée aux circonstances doit mentionner précisément la situation : indiquez que votre véhicule était à l’arrêt sur le trottoir, sans pour autant cocher des cases qui reconnaîtraient votre responsabilité exclusive. Décrivez factuellement le lieu et la position respective des véhicules. Si l’autre conducteur refuse de signer ou veut vous faire endosser une responsabilité totale, ne cédez pas et notez vos réserves dans l’espace observations. Un constat incomplet ou contradictoire vaut mieux qu’un constat signé sous pression qui vous désavantage. Vous disposez de cinq jours ouvrés pour l’adresser à votre assureur, délai impératif à respecter.
Faut-il appeler la police ou la gendarmerie dans cette situation précise
Les forces de l’ordre n’interviennent généralement pas pour un accident matériel sans blessé. Toutefois, leur présence devient indispensable si l’autre conducteur refuse d’établir un constat amiable, s’il y a délit de fuite, ou si les versions divergent radicalement sur les circonstances. Le procès-verbal établi par la police ou la gendarmerie constitue alors une preuve juridique forte que votre assureur pourra exploiter. En cas de doute sur la nécessité d’appeler les autorités, contactez votre assistance ou votre assureur qui vous guidera selon la gravité de la situation.
Indemnisation, franchise et garanties en cas d’accident voiture garée trottoir
Une fois le dossier transmis à votre compagnie, commence la phase d’évaluation financière. Le montant que vous percevrez dépend directement de votre formule d’assurance, des garanties optionnelles souscrites et de la responsabilité retenue. Cette étape révèle souvent de mauvaises surprises pour les assurés mal couverts.
Comment votre type de contrat d’assurance auto conditionne l’indemnisation
Avec une formule tous risques, vos dommages matériels sont pris en charge même si vous êtes partiellement responsable, après déduction de la franchise. L’assureur indemnise d’abord puis se retourne contre l’assureur adverse pour récupérer sa part. En formule tiers simple, vous ne serez indemnisé que si la responsabilité de l’autre conducteur est établie à 100 %, ce qui est rare lors d’un accident impliquant un stationnement irrégulier. Les formules intermédiaires couvrent parfois le bris de glace ou le vol, mais rarement les dommages tous accidents, laissant un angle mort dans votre protection.
| Formule d’assurance | Couverture dommages propres | Situation stationnement trottoir |
|---|---|---|
| Tiers simple | Non | Aucune indemnisation si responsabilité partagée |
| Tiers étendu | Partielle (vol, incendie, bris de glace) | Indemnisation seulement si option dommages souscrite |
| Tous risques | Oui | Indemnisation après franchise, même si partiellement responsable |
Franchise, malus et conséquences financières sur votre assurance auto
Votre contrat prévoit une franchise, souvent comprise entre 150 et 500 euros, qui reste systématiquement à votre charge même en cas d’indemnisation favorable. Si votre responsabilité est retenue, même partiellement, vous subirez également un malus de 12,5 % sur votre coefficient de réduction-majoration, ce qui fera grimper vos cotisations lors du prochain renouvellement. Avant de déclarer le sinistre, comparez le montant des réparations au cumul franchise plus hausse de prime : si les dégâts sont minimes, il peut être plus économique de payer de votre poche pour préserver votre bonus.
Que faire si votre assureur refuse d’indemniser à cause du trottoir
Un refus d’indemnisation doit être motivé par écrit et préciser les clauses contractuelles invoquées. Demandez systématiquement cette justification détaillée. Si vous la jugez abusive, contactez le service réclamation de votre compagnie dans un premier temps. En l’absence de solution, saisissez le médiateur de l’assurance, autorité gratuite et indépendante qui rendra un avis dans les trois mois. Vous pouvez aussi mandater un expert automobile indépendant pour contester l’évaluation des responsabilités. En dernier recours, une action judiciaire reste possible devant le tribunal, mais évaluez bien le rapport coût-bénéfice selon le montant du préjudice.
Prévenir les litiges et adapter vos habitudes de stationnement à l’avenir
L’expérience d’un accident sur voiture garée irrégulièrement doit servir de leçon pour ajuster vos pratiques quotidiennes. Quelques changements simples dans votre comportement et votre couverture assurantielle réduisent significativement les risques de conflits futurs avec votre compagnie.
Comment limiter les risques en évitant le stationnement gênant sur trottoir
Privilégiez systématiquement les emplacements autorisés, même s’ils vous imposent quelques minutes de marche supplémentaires. Dans les zones résidentielles denses, repérez à l’avance les parkings publics ou les places délimitées. Certaines communes autorisent le stationnement partiel sur trottoir lorsqu’un marquage au sol spécifique le matérialise : vérifiez toujours la présence de ce marquage avant de vous garer. En respectant ces règles, vous protégez non seulement les piétons et personnes à mobilité réduite, mais vous construisez aussi une position juridique inattaquable en cas de sinistre.
Accident sur voiture en stationnement irrégulier : quelles traces garder et combien de temps
Conservez l’intégralité de votre dossier sinistre pendant au moins cinq ans : constat amiable original, photos, témoignages écrits, devis de réparation, courriers échangés avec l’assureur et justificatifs de paiement. Cette durée correspond au délai de prescription en matière d’assurance. Classez ces documents dans un dossier physique ou numérique facilement accessible. Ils peuvent resservir lors d’un contrôle de votre historique sinistre, d’une contestation ultérieure sur l’application d’un malus, ou d’un recours contre une décision initiale défavorable.
Pourquoi anticiper avec de meilleures garanties peut vous éviter bien des tracas
Après avoir vécu les conséquences d’une couverture insuffisante, étudiez l’opportunité d’ajouter une garantie dommages tous accidents à votre contrat. Le surcoût annuel se situe généralement entre 100 et 300 euros selon votre profil et votre véhicule, mais cette option vous garantit une indemnisation quelles que soient les circonstances, y compris lors de stationnement irrégulier. Comparez également les franchises proposées par différents assureurs : certains acceptent de réduire la franchise moyennant une cotisation légèrement supérieure. Cette anticipation transforme un accident potentiel en simple formalité administrative plutôt qu’en catastrophe financière et relationnelle avec votre compagnie.
Face à un accident impliquant une voiture garée sur le trottoir, votre capacité à documenter la scène, à remplir correctement le constat et à connaître vos droits fait toute la différence. Le stationnement irrégulier complique votre situation sans pour autant vous priver systématiquement d’indemnisation. En adaptant vos garanties et en privilégiant à l’avenir les stationnements autorisés, vous vous protégez durablement contre les litiges coûteux. N’hésitez jamais à solliciter l’accompagnement d’un professionnel lorsque les enjeux financiers justifient cet investissement.




